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Égocentrisme 2.0

Récemment, un petit ennui de santé m’a forcé à ralentir, voire ne rien poster sur mon compte Instagram pendant quelques semaines. Ce petit temps de pause a été plutôt bénéfique dans mon cas. Il m’a permis de réfléchir à certaines frustrations que ce réseau social m’apportait. 

Le formidable

Instagram et les médias sociaux en général sont de fabuleuses vitrines pour quiconque veut faire connaître ou reconnaître son travail. On peut y faire de fantastiques rencontres, on peut échanger sur des sujets qui nous passionnent et on peut facilement y trouver de belles sources d’inspiration. Tout ça, j’en conviens, c’est assez formidable.

Mais il y a un mais

Après sept mois d’existence sur Instagram, je dois vous avouer que je suis plutôt découragée. L’algorithme étant de ce qu’il est, il est très difficile, voire impossible de faire connaître mon travail. Prendre de belles photos, les éditer pour ensuite les partager demande beaucoup de temps et d’énergie. Au début je me disais que c’était normal, mais sept mois plus tard je constate que ma quête de reconnaissance sera longue et à la lumière de mes états d’âme, probablement pénible. 

Pourquoi pénible? Ce n’est pas venu tout de suite. C’est venu graduellement. Je me suis surprise à attendre et espérer les j’aime, les commentaires et les abonnés. Car oui, recevoir ces petites notifications, ça fait plaisir. Plus le nombre grandissait, plus j’avais la sensation que mon travail avançait, que mes photos étaient réussies. J’ai commencé à associer la qualité de mon travail au nombre de j’aime et d’abonnés obtenus. Comme la quantité récoltée était bien maigre, ma confiance en a pris un coup. Je me suis dit que mon travail n’en valait pas la peine, que ce n’était pas beau, que c’était inutile, que le travail des autres créateurs était meilleur que le mien, etc. Ce sont des pensées assez destructrices, vous en conviendrez. Mais j’étais rendu là. La passion que j’avais avant pour la création de recettes et la photographie était en train de s’étioler. 

Mais pourquoi prêter tant d’attention à des statistiques? Pour obtenir une certaine validation sociale? Par désir de plaire, par désir de popularité? On ne se le cachera pas,  il est vrai que ça fait du bien à l’ego. Mais ce qui est bon pour l’ego, à la longue, ne finit-il pas par nous plonger dans quelque chose de narcissique qu’on le veuille ou non? 

Je ne veux plus mettre mon bonheur entre les mains des autres

À la lumière de mes réflexions, je ne veux pas devenir celle qui a toujours le nez rivé sur les statistiques de son compte Instagram ni épier celles des autres d’ailleurs. Je ne veux pas me délecter du nombre grandissant de commentaires sous ma dernière publication Facebook. Je ne veux pas partager des photos qui ne me passionnent pas même si c’est ce qui fonctionne le plus sur Instagram. Cela dit, je n’ai rien contre les créateurs qui le font. Je lève mon chapeau à ceux et à celles qui évoluent dans cet univers sans y laisser quelques plumes, car on peut facilement se laisser prendre au jeu.

Les likes rassurent et peuvent nous donner des petites décharges de dopamine, mais c’est un effet à très court terme. C’est un peu le miroir de notre narcissisme.

Michael Stora à Madame Figaro

Prendre du recul pour mieux continuer

Et la suite? Quitter le navire ou faire naufrage avec lui?  Au fond, le problème, ce n’est pas Instagram, c’est plutôt moi. J’ai laissé ce réseau social tenir bien gentiment le gouvernail de mon bateau en me contentant de regarder par le hublot plutôt que d’en être le capitaine.

  • Je ne veux plus associer le nombre de j’aime, de commentaires et d’abonnés à la qualité et à la pertinence de mon travail.
  • Je ne veux pas poster des photographies juste pour atteindre le quota de partage recommandé.
  • Je ne veux pas faire ce que l’algorithme veut que je fasse.
  • Je veux partager des photos que j’aime et non celles qui vont plaire.
  • Je ne veux plus me demander quelle photo va le mieux performer.

Oui mon feed ne sera pas uniforme. Oui il va être dépareillé. Les photos de recettes, de face de chien et de nature vont se côtoyer dans un joyeux mélange! Je choisis le lâcher-prise et la liberté de création. Mon navire voyagera sur une eau calme. Je ne veux plus frapper d’Iceberg. Et vous savez quoi? Ça fait tellement de bien!

Image libre de droit par Freepik

2 Commentaires

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    Miss Renarde
    18 mars 2023 à 12 h 09 min

    Bonjour Katherine!
    Merci tellement pour ton message. Je peux te dire qu’il tombe à pic également. C’est rassurant de savoir que l’on est pas toute seule à vivre certaines situations. Je suis super heureuse que tu aies lu mon billet!

  • Katherine
    18 mars 2023 à 6 h 33 min

    Bon matin Miss Renarde!
    Je suis à la même place que toi, j’aurais pu écrire le même article 🙂 La pression des réseaux sociaux est énorme, on se met une pression folle pour entretenir tout ça. Pour ma part, je délaisse tranquillement pas vite Facebook, oui, je vais partager mes nouvelles publications de mes recettes sur mon blog mais sans plus. Je n’attendrai plus les « j’aime » comme avant et je ne me mettrai plus la pression de publier à chaque semaine pour tenir mon auditoire absolument. A la base, mon blog je le fais pour moi, pour mon petit plaisir que je partage ensuite aux autres. Et non pour l’approbation des autres par rapport à mon travail.
    Ton article m’a fait du bien ce matin, il tombe à pic 🙂

    Bonne journée à toi Xx

    Katherine du blog Douceurs au palais

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